Pourquoi nos écrans nous rendent moins heureux.


Bien-Être, Lifestyle / mercredi, octobre 17th, 2018

La semaine dernière, je vous ai parlé dans cet article, de Digital Detox : une sorte de cure de désintox’ de son téléphone portable. Car il faut bien l’avouer, nous en sommes tous un peu addicts.

J’ai choisi le titre de cet article très simplement : c’est le titre de la conférence TED d’Adam Alter. Je vous laisse la regarder et on continue juste après (les sous-titres en français sont disponibles si besoin.) :

Aucun problème avec une utilisation modérée de nos écrans, mais si les psychologues s’inquiètent, c’est que les risques liés à une surconsommation sont non seulement nombreux, mais aussi sérieux. En cabinet lors de consultations ou lors de recherches scientifiques, ils s’aperçoivent de quelque chose de récurrent : nos vies sont beaucoup trop remplies, nos cerveaux sont bombardés d’informations et peinent à trouver le chemin de l’équilibre et du bonheur.

Hypersollicitation permanente
Le Dr Christine Grand, psychologue du travail et maître de conférences à l’Université de Coventry en Angleterre a dit a la BBC : « Cette culture du ‘toujours connecté’ fait que votre esprit ne se repose jamais. Vous ne donnez pas à votre corps le temps de se reposer, alors vous êtes toujours stressés. Et plus on est fatigués et stressés, plus on fait d’erreurs. La santé physique et mentale en souffre. » Cette sensation de devoir être joignable à tout moment nous force à garder nos téléphones dans la poche « au cas où », pour le travail par exemple.

Fear Of Missing Out
En français, « la peur de manquer un événement important » est le syndrome dont souffrent beaucoup d’entre nous : et si on passait à côté d’une information importante, ou croustillante ? Alors, on active les notifications des réseaux sociaux, on rafraîchit notre fil d’actualité plusieurs fois par jour, on consulte frénétiquement l’écran de notre cellulaire en espérant un nouveau message ou un appel en absence. Dans les cas les plus extrêmes, peut s’installer une vraie dépendence et une forte anxiété sociale.

Complexe d’infériorité
Celui-ci est étroitement lié aux réseaux sociaux, mais pas seulement. Adam Alter en parle dans sa conférence TED plus haut : « Nous passons trois fois plus de temps sur ce qui ne nous rend pas heureux. » À force de voir défiler des corps parfaits et des visages heureux, de lire le parcours sans faute d’une personnalité à succès, de ne voir que du strass et des paillettes, on a vite fait de se comparer et de penser que notre vie n’est pas aussi passionnante, que notre corps n’est pas assez comme-ci ou trop comme ça, que nous avons moins bien réussi professionnellement… « Les réseaux comme Facebook qui abondent en ‘bonnes nouvelles’ et ‘belles photos’ sont dépressogènes. Ils nous renvoient à nos manques » explique Michael Stora, psychologue et fondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines.

Dégradation des relations entre les personnes
Qui ne s’est jamais senti seul au cours d’un repas, quand chacun autour de la table a les yeux rivés sur son écran. Ou quand, en plein milieu d’une conversation, votre ami tourne le regard vers son mobile pour lire un message, peut-être même esquisser un sourire. Ou pendant ces heures passées, entre amis ou en couple, côte à côte, ensemble mais séparés, chacun devant son propre écran, silencieux.
Lorsque l’écran devient plus important que ceux qui nous entourent, ce qui n’était au début qu’une mauvaise habitude peut se transformer en troubles psychologiques (agoraphobie, dépression, troubles obsessionnels et compulsifs…)

Négativité, peur
Lire les sites d’actualité peut clairement nous donner le bourdon : dérèglement climatique, conflits, violence, terrorisme, maladies, catastrophes naturelles… Les médias aiment mettre en avant les informations qui font peur ou qui inquiètent. Le psychiatre Christophe Faure dit : « Le conditionnement médiatique a un effet pervers car il agit comme des suggestions hypnotiques : à force d’entendre répéter encore et encore des messages négatifs, nous finissons par les intégrer au niveau inconscient et nous y réagissons émotionnellement par une forme d’abattement. »

Cyber-harcèlement
À cela, s’ajoute le harcèlement. Sur Internet, l’impression d’anonymat donne un sentiment d’assurance à des utilisateurs malveillants. Derrière leur écran, certains se lâchent et ont la critique facile, en oubliant souvent l’humain de l’autre côté. Jugement, critiques, insultes, menaces… Autant de commentaires et messages qui peuvent déstabiliser au mieux, blesser, plonger dans la dépression ou même pousser au suicide dans les pires des cas. Les adolescents sont les plus fragiles, mais les adultes ne sont pas en reste. En témoigne Marion Séclin, auto proclamée Championne de France de Cyber-harcèlement à 28 ans, dans sa conférence TEDx.

Envie de vous déconnecter ? Essayez-donc ceci :
À lire : « J’arrête d’être hyperconnecté ! » de Catherine Lejealle
« Lâche ton téléphone !: Programme de détox digitale » de Catherine Price
« Petit cahier d’exercices de digital détox » d’Alia Cardyn

Mon article sur la Digital Detox, où je vous donne quelques pistes pour démarrer facilement une désintoxication numérique.

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