Les traditions de Noël en République Tchèque


Escapades, Lifestyle / mercredi, décembre 19th, 2018

Vous avez été nombreux.ses à aimer mon article sur les traditions suédoises de Noël. Je reviens donc aujourd’hui avec un nouvel article dans le même genre, pour vous présenter les traditions de la fin d’année en République Tchèque. Pourquoi la République Tchèque, me demanderez-vous ? Eh bien, tout simplement car Monsieur, mon compagnon, mon Partner in Crime, celui qui partage ma vie, est tchèque, 100% made in Prague.

J’ai donc la chance de découvrir et de vivre la culture tchèque, dans notre quotidien mais aussi et surtout lors de nos séjours, lorsque l’on rend visite à sa famille. La République Tchèque (et pas la Tchéquoslovaquie s’il vous plaît, ça n’existe plus depuis 1993) est un très beau pays. C’est le pays des châteaux, l’architecture y est superbe, les bâtiments sont colorés et la capitale, Prague, est tout simplement magnifique. Je ne peux que vous recommander d’y faire un tour, ce n’est pas si loin (juste de l’autre côté de l’Allemagne).

Bref, revenons à Noël. Bien que le pays soit considéré comme le plus athée d’Europe, il n’en reste pas moins très attaché à des pratiques traditionnelles héritées de la religion chrétienne comme la Saint-Nicolas, Noël ou l’Epiphanie. C’est aussi l’une des rares périodes où les tchèques mangent du sucre, beaucoup de sucre.

Le 1er dimanche de l’Avent (4 semaines avant Noël, donc), les grands préparatifs commencent déja, et il y a du boulot ! Chaque famille s’attèle à la réalisation d’une couronne en branchages, qui accueillera 4 bougies : une pour chaque semaine précédant Noël, qui sera allumée chaque dimanche de l’Avent.

Assortiment de Vánoční cukroví – Crédit photo : © Rémi Diligent – via Wikipédia

C’est aussi à ce moment là que commence la préparation des vánoční cukroví : des mini pâtisseries, petits amuses-bouches pleins de sucre et de beurre qui seront dégustées à Noël (Vánoce). En attendant on les conservera dans des boites en métal pour qu’elles ramolissent un peu. Chaque famille a ses propres recettes, bien sûr. En décembre, il n’est pas rare d’entendre dans une conversation « Kolik druhů cukroví pečeš ? » – « Combien de sortes de pâtisseries de Noël tu prépares ? ». Et la réponse peut être étonnante : trois, cinq, sept, douze, dix-huit… Jusqu’à vingt-cinq sortes différentes pour les familles les plus courageuses !

Voici quelques sortes de cukroví les plus courants : les linecké koláčky (2 biscuits sablés, collés par une couche de confiture), les vanilkové rohlíčky (petits croissants à la vanille), les slepované ořechy (en forme de coquilles de noix, mes préférés), les medvědí tlapky (avec des noisettes et du jus de citron), les vosí hnízda (nids de guêpes, les préférés de Monsieur), les malinové hvězdičky (petites étoiles à la framboise), kokosové kuličky (boules de coco), medové kostky (cubes de miel)… et plusieurs autres dizaines de déclinaisons.

De nombreuses villes tchèques organisent leurs marchés de Noël (vánoční trh) traditionnels dans leur centre ville historique. À Prague, je vous recommande notamment celui de la Place de la Vieille Ville (Staroměstské Náměstí) avec son sapin géant animé, puis sur la place de la République (Náměstí Republiky), la Place de la Paix (Náměstí Míru) ou la Place Venceslas (Václavské Náměstí). Ils vous enchanteront par leur authenticité et l’atmosphère sereine qui y reigne, sans parler de l’odeur du vin chaud épicé qui flotte dans les airs !
Attention, ne tombez pas dans le piège des Trdelník (ou Trdlo), bien que très bons, ils ne sont pas traditionnels… 

Crédit photo : CzechTourism – © Libor Svacek

Les crèches : dans toutes les maisons, on installe une crèche miniature, Betlem. Dans les églises et les marchés de Noël, on peut même en admirer grandeur nature, et vivantes (avec de vrais animaux).

Mikuláš (Saint Nicolas) : le 5 décembre, la veille de la Saint Nicolas, Mikuláš vient rendre visite aux enfants dans les rues et les maisons, accompagné d’un Čert effrayant (diable) et un Anděl (ange) : il distribue aux enfants sages du chocolat, des bonbons et des clémentines en échange d’une chanson ou un poème, et aux vilains petits garnements du charbon et des pommes de terre. Un moment qui peut être stressant pour les plus petits (Monsieur en garde encore des souvenirs amers !)

Vánočka – Crédit photo : bezvamama.cz


Vánočka :
 pas de Noël sans cette énorme brioche au levain, tressée et ornée de raisins secs et d’amandes ! Elle fait le bonheur des tchèques aux petits déjeuners du mois de décembre.

Le sapin (vánoční stromek) est décoré en famille le 24 au matin, et pas avant ! C’est une tradition assez récente, arrivée au XIXème siècle. L’arbre était à l’époque décoré de pommes rouges, de noix, de décorations en paille, en verre ou de biscuits de Noël. Il sera enlevé le 6 janvier, lors de l’Epiphanie.

À la télévision et au cinéma, la période de Noël appartient aux films de contes de fée : les « pohádky » rassemblent devant leurs écrans petits et grands, sans distinction. De nouveaux sont tournés chaque année et se mêlent aux grands classiques qui sont rediffusés sans cesse, comme « Trois noisettes pour Cendrillon » (Tři oříšky pro Popelku, 1973), « La princesse orgueilleuse » (Pyšná princezna, 1952), ou « Le prince et l’étoile du soir » (Princ a Vecernice, 1979). D’ailleurs, les dernières productions sont toujours un grand sujet de conversation (juste après les cukroví) et de débat.

Le 24 décembre, la majorité des tchèques ne travaille pas (ou seulement le matin). Il est d’usage de ne pas manger pendant la journée, ou en tous cas très peu, pour se réserver pour le « gros » repas du soir.  La légende dit que celui qui arrive à ne pas manger sera récompensé en voyant un cochon d’or (signe de chance).

Le repas de Noël (štědrovečerní večeře) : En République Tchèque de manière générale, on dîne tôt, et les repas de fêtes ne font pas exception à la règle : on passe à table vers 18h et en petit comité : pas de grandes tablées comme chez nous, mais seulement le cercle restreint (parents et enfants). On verra la famille élargie le lendemain autour d’un café et de petits biscuits. On déguste des plats traditionnels : En entrée, de la soupe de carpe (rybí polévka), puis des filets de carpe frits (smažený kapr) accompagnés de salade de pommes de terre (bramborový salát). Dans de nombreuses familles, la carpe aura été achetée vivante sur le marché un ou deux jours avant, et gardée vivante dans la baignoire jusqu’au moment de la préparation (oui, vraiment). Enfin dites Adieu au dessert : ici pas de bûche ni de gâteau, on ne mange que des cukroví (à mon grand désespoir).

La carpe, la star de Noël – Crédit photo : © CzechTourism

Puis après le dîner, on attend l’arrivée des cadeaux, apportés non pas par le Père Noël, mais par petit Jésus (Ježíšek) qui passe par la fenêtre. Dans la famille de Monsieur, c’est le moment où son père sort sa guitare et toute la famille chante en cœur des chansons de Noël. Les enfants partent se cacher pendant que les parents Ježíšek dépose les cadeaux au pied du sapin. D’ailleurs, quelques semaines auparavent, les enfants lui auront envoyé une lettre dans laquelle ils lui auront écrit ce qu’ils souhaitent recevoir pour Noël.

Une ancienne coutume tchèque consiste à « couler le plomb » : un petit bout de plomb est fondu au-dessus d’une flamme, et ensuite coulé d’un seul mouvement dans un récipient plein d’eau. Selon la forme prise par le plomb lorsqu’il se solidifie dans l’eau, on peut lire quel est l’avenir de la personne concernée.

Le 25 et 26 décembre sont des jours feriés dans tous le pays. Même les commerces sont fermés pendant ces deux jours. C’est l’occasion de se reposer et se retrouver en famille. La nouvelle année est fêtée de manière assez classique, entre amis.

Pour l’Epiphanie (Tři králové), le 6 janvier, les petites villes choisissent 3 enfants pour représenter les trois Rois Mages, Kašpar, Melichar et Baltazar. Ces derniers déambulent dans les rues et bénissent les maisons en inscrivant sur la porte les lettres K+M+B et l’année. Comme le croient beaucoup de gens, il ne s’agit cependant pas des initiales des trois Rois Mages, mais de l’abréviation de la formule latine « Christus mansionem benedicat », soit « Dieu bénisse cette maison ». Et si parmi les trois lettres, le K a remplacé le C dans l’inscription tchèque, c’est tout simplement parce que le Christ – Kristus, s’écrit avec un K en tchèque.

Avez-vous déjà célébré Noël en dehors de la France ? Avez-vous envie de goûter la carpe panée ou les cukroví ? Dites-moi tout en commentaires !

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